Sapiens, le livre que tout honnête homme devrait avoir lu

L’histoire de l’humanité résumée en 490 pages. Une gageure ? Non, un pur concentré d’intelligence qui replace les idées, les mythes et les religions à leur vraie place, et dans une perspective historique qui a été nécessaire à la survie de l’humanité. Après le temps de la physique (les atomes), après de lui de la chimie (les mollécules) puis de la biologie (la vie), c’est le temps de l’histoire qui a construit l’homo sapiens, en attendant le temps très proche où il deviendra Dieu lui-même.

A lire absolument.

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« L’odeur de la forêt », un roman à déguster sans aucune modération

Toutes les techniques du creative writing au service d’un style magistral. Hélène Gestern, au cours des 168 chapitres du roman, entremêle trois histoires qui n’ont à priori pas de lien, en faisant résonner le passé (grande guerre et guerre de 40) et le présent dans une saga ficelée par une main experte, rythmée par les lettres d’un poilu et les photographies qu’il a prises dans les tranchées et le champ de bataille. Les trois récits vont évidemment se rejoindre pour le plus grand bonheur du lecteur. Les chapitres sont volontairement courts, ils se terminent tous par une chute et l’ouverture d’une nouvelle fenêtre. L’intrigue est digne d’un bon polar, et l’auteur sait à merveille ménager ses effets, tous en laissant au lecteur quelques indices savamment distillés.

Mais, avant tout, on ne peut que louer un style à la fois puissant et aérien, une parfaite maîtrise de la langue et un champ sémantique aussi riche que l’histoire. Depuis « Boussole » de Mathias Enard, je n’avais rien lu d’aussi percutant.

Enfin Rufin revient

 Après deux ratés (Le collier rouge et Check point), Jean-Christophe Rufin renoue avec ses fondamentaux : l’art de raconter une histoire authentique dans un roman d’aventures. Après L’Abyssin et Le Grand Cœur, Le tour du monde du roi Zibeline s’avère un petit chef-d’œuvre que l’on ne quitte plus, si par bonheur, l’on l’a ouvert. La construction est astucieuse avec deux narrateurs différents, et le fait qu’ils racontent leurs périples à tour de rôle devant un Benjamin Franklin conquis rend le récit très vivant. Un narrateur omniscient à la troisième personne eut été plus lourd et moins léger.

À consommer sans modération, et avec gourmandise en faisant le tour du monde en compagnie de ce couple si attachant.