Alma de J.M.G Le Clézio. Un bon cru mauricien.

Avec son dernier roman Alma, J.M.G Le Clézio revient à l’Ile Maurice, le pays de son enfance. Il nous offre une oeuvre en prose poétique qui, prenant le prétexte d’évoquer le Dodo, le fameux oiseau endémique à jamais disparu, nous parle des origines de la famille du prix Nobel, de l’histoire des esclaves qui y ont trimé et des dérives que la civilisation moderne a infligé à la nature. Le roman nous laisse avec une impression de fin d’un monde, sans pour autant nous proposer une alternative. Le style est magistral, et tout en narration, très loin des introspections bêlantes et de la psychologie de comptoir que nous offrent trop de romans modernes. A lire absolument.

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Deux petites chroniques sympas sur un blog littéraire familial à propos de 2 de mes romans

Ci-après le lien vers 2 petites chroniques d’une blogueuse sur mes livres :

https://lecturesfamiliales.wordpress.com/2017/12/19/les-lamas-de-la-liberte-de-gerard-muller/

https://lecturesfamiliales.wordpress.com/2017/11/03/jai-rencontre-le-nouveau-messie-de-gerard-muller/

L’Art de perdre ou l’art de louper un roman

 L’Art de perdre d’Alice Zeniter n’est pas un roman, malgré l’indication mentionnée sur sa couverture. C’est tout au plus un récit. Moi qui ai vécu deux ans à Lakhdaria (ancienne Palestro), je n’ai jamais reconnu ni la Kabylie, ni ses odeurs, ni le Djurjura, ni les paysages, ni l’ambiance de cette petite ville où se situe la première partie du livre.

Les personnages sont plats et sans complexité, leurs sentiments à peine décrits, la narration est souvent absente, les situations manquent de force et les clichés nombreux (merci Wikipédia). Malgré quelques envolées stylistiques séduisantes, le ton peut être mièvre, et les dialogues même parfois « gnangnans ».

La résonance entre la narratrice et les membres de sa famille qui ont dû quitter en catastrophe l’Algérie manque de souffle et d’émotion.

Je ne comprends pas comment un tel ouvrage ait pu avoir le Goncourt des lycéens, sauf à penser que le thème des harkis est encore trop douloureux dans la mémoire collective pour que l’on puisse se permettre de critiquer ce pseudo-roman.

Homo Deus. Absolument magistral.

Après l’étonnant  » Sapiens », Yuval Noah Harari » nous époustoufle avec « Homo Deus ». Nous voici plongés dans le futur de l’humanité et la confrontation de l’Intelligence biologique avec l’intelligence artificielle. Sans prendre parti, l’auteur pose la question avec une intelligence remarquable, sans aucun tabou et en faisant fi de tous les préjugés dont notre histoire et nos convictions ont le secret, à commencer par celles liées aux religions et à l’humanisme. La démocratie, l’humanité même, survivront-elles à ce qui nous attend ? Vous n’aurez pas la réponse, mais vous aurez tous les éléments pour forger votre conviction.

La lecture d’une telle œuvre devrait être obligatoire, tant elle pose le problème avec une acuité magistrale et une érudition argumentée par des exemples variés et précis.